Etant ultra fan des créations des publicités des années 50/60, je suis plus que content de voir ce retour en arrière sur le devant de la scène.

D’ailleurs cela me permet de pointer du doigt, la dérive que nous avons prises ces 15/20 dernières années, à aller toujours plus loin dans la matérialisation de nos créations (et cela dès la phase de compétition, mais même lorsque nous avons des clients sous contrat cadre pour la présentation des premières pistes de réflexion).

En effet, il y a quelques années, les annonceurs / responsables de budget avaient la capacité à se projeter dans l’interprétation des idées des créatifs qui arrivaient avec des crayonnés, des story-boards, des créations qui n’étaient absolument pas finalisés…

Or, aujourd’hui, malheureusement, nous sommes obligés de délivrer des maquettes qui sont en fait des réalisations quasi-définitives, prêtes à partir en production (pour le digital) et chez l’imprimeur (pour le print). Il n’y a plus d’interprétations possibles. Les clients s’arrêtent trop souvent malheureusement sur des détails et ne se plongent pas dans l’interprétation du projet. Ils ne jugent plus l’idée, la pertinence du concept et la direction artistique, mais l’exécution artistique.

Lorsque LEG, pour ses 10 ans, nous explique qu’ils arrêtent les compétitions, nous sommes tous en agence là pour applaudire, alors que nous aimerions tous avoir les couilles de le faire.

Lorsqu’on se dit tous, mettons moins de moyens dans les compétitions, revenons avec les essentiels de nos métiers, … nous arrivons avec des films montrant la navigation de nos sites, des court-métrages permettant d’expliquer notre idée..

Nous sommes arrivés à une débauche de moyens hallucinants, car la technologie nous offre les moyens de développer plus rapidement des créations très abouties.

Mais est-ce que cela ne nuit pas justement à la valorisation de notre capacité à apporter de la valeur à notre métier?

Car nous pourrions nous poser la question sur ce qui fait la différence entre une agence conseil et un studio de création (si ce n’est les honoraires)?

Enfin, pour faire des parallèles par rapport à nos métiers et des métiers de consulting comme les experts comptables ou les avocats…

Lorsque nous allons voir ces personnes, qui comme nous facture à la journée ou à l’heure leur expertise, nous exposons notre problématique, et rapidement, ils nous proposent une vision, une esquisse du travail qu’ils vont fournir; puis nous acceptons ou pas de travailler avec eux (mais souvent nous leur faisons confiance).

Mais en aucun cas, ils développent l’ensemble d’un audit ou dossier de plaidoirie avant d’avoir décider de travailler pour nous.

Or, nous remarquons que dans nos métiers, nous nous sentons obligés pour gagner une compétition de rentrer dans le moindre détails de notre réflexion et nous nous sentons également obligés de développer des tonnes et des tonnes de maquettes.

Bref, nous nous sommes pris nous même les pieds de notre propre piège de la débauche de réflexion et de création.

Alors, aurons nous les jours les couilles de faire marche arrière, et de revenir avec des bons vieux crayonnés et cela même pour des sites Internet?

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